
Focus Stratégie - Guerre commerciale, une nouvelle étape franchie par Donald Trump
Le président américain a annoncé le 2 avril des hausses substantielles et généralisées des droits de douane. Ce nouveau durcissement pourrait nettement accentuer le ralentissement déjà visible de l’économie américaine et peser sur ses différents partenaires commerciaux. Au-delà de l’impact économique direct de ces mesures -qui reste à ce stade difficile à totalement appréhender -ces annonces confirment le caractère à la fois marqué et imprévisible de la politique de la nouvelle administration américaine. Dans ce contexte, nous faisons le choix de réduire de nouveau notre exposition au marché actions américain dans nos allocations, en passant dorénavant à Sous-Pondérés. Toutefois, même si les incertitudes restent de mise pour les autres géographies, nous conservons à ce stade notre surexposition aux actions européennes, marché qui pourrait continuer de bénéficier de mesures de soutien favorables. Nous conservons par ailleurs une allocation très diversifiée en termes d’actifs et de géographies et restons attentifs aux évolutions de l’actualité.
Les principales annonces du « Liberation Day »
Donald Trump a renforcé d’un cran sa politique protectionniste, en annonçant le 2 avril la mise en place de nouveaux droits de douanes généralisés. Plus spécifiquement, le gouvernement américain a d’abord annoncé un niveau plancher de 10% de droits de douane s’appliquant à l’ensemble des biens importés quelle que soit leur géographie d’origine. Puis, s’est ajouté un « add-on » différencié par pays en fonction de l’importance du déficit commercial affiché avec les États-Unis. Ainsi, le taux de droits de douane s’établirait à 20% minimum pour l’ensemble des biens importés de l’Union Européenne, à 24% au Japon et à 65% pour les importations chinoises –en cumulant l’ensemble des annonces depuis le début de l’année. Les taxes sectorielles déjà existantes pourraient perdurer (sur l’automobile ou l’acier et l’aluminium par exemple). Le Mexique et le Canada n’apparaissent pas concernés par ces nouvelles mesures, ayant déjà subi un resserrement significatif depuis le début de l’année (62% pour les biens canadiens non compatibles avec les règles du traité USCMA et 50% pour les biens mexicains).
Au total, pour l’économie américaine, ces mesures pourraient augmenter le taux effectif de droits de douane de 2,5% en décembre 2024 à 27,5% en avril 2025, atteignant ainsi un niveau jamais observé depuis 1900.
L’incertitude reste élevée sur ce qui sera effectivement mis en place par les États-Unis et par ses partenaires commerciaux. La mise en application complète de ces nouveaux droits de douane reste incertaine, M. Trump ayant laissé la porte ouverte à des négociations bilatérales. L’incertitude reste aussi élevée quant aux éventuelles mesures de représailles que pourraient prendre les partenaires commerciaux des États-Unis. L’Union Européenne a pour le moment fait des annonces sur sa volonté de riposter mais elle est restée vague sur l’application de ces mesures. M. Macron a notamment annoncé une hausse des droits de douane sur l’acier, l’aluminium et l’automobile pour la mi-mai avant de nouvelles annonces sur les autres biens dans les prochaines semaines.
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